Qu’est ce que le cancer du pancréas

Le pancréas est un organe de la cavité abdominale rétropéritonéale qui a une fonction double: il fait parti des organes du système digestif (production d’enzymes pour la digestion) qui est sa fonction exocrine et il a une fonction endocrine par la sécrétion d’hormones produites dans des agrégats de cellules appelés îlots de Langerhans, invisibles à l’œil nu et disséminés dans la glande pancréatique. Il s’agit de l’insuline, du glucagon, de la somatostatine et d’autres hormones assurant la coordination du fonctionnement du système digestif.

Le pancréas est un organe complexe constitué de différents types de cellules. Chaque type de cellule peut se transformer en tumeurs spécifiques. Le diagnostic du type de tumeur du pancréas est fondamental puisque  la nature du traitement et le pronostic en découlent. Le mode de révélation d’une tumeur du pancréas peut-être variable. Classiquement pour les tumeurs de la tête du pancréas il y a révélation sur la présence brutale d’un ictère nu (une jaunisse qui ne s’accompagne ni de douleur ni de fièvre). Une découverte sur des douleurs dorsales, profondes est également possible. Parfois il s’agit d’une découverte fortuite sur un examen d’imagerie (échographie ou scanner) demandé pour tout autre chose.

Le cancer du pancréas exocrine, dont l’incidence annuelle en France est estimée à environ 3000 nouveaux cas, constitue le 6ème cancer digestif en France et la cinquième cause de décès par cancer dans les pays occidentaux. Très rare avant 50 ans, mais pouvant apparaître dès l’âge de 20 ans, il est environ deux fois plus fréquents chez l’homme que chez la femme. Le rôle favorisant du tabac dans la survenue de ce cancer est parfaitement bien établi. Le risque de cancer est également augmenté chez les patients ayant une pancréatite chronique, alcooliques ou héréditaires. En fait, malgré une meilleure connaissance de son épidémiologie, le principal problème lié au cancer du pancréas reste la rareté des diagnostics « précoces » où la maladie est potentiellement curable.
Le plus souvent le bilan comprendra la réalisation d’un scanner, d’une IRM pancréatique et d’une échoendoscopie bilio-pancréatique. Des marqueurs tumoraux sanguins seront recherchés (ACE, Ca 19.9). On discutera d’une éventuelle indication de ponction de la tumeur en vue de son analyse anatomo-pathologique. Une prise en charge spécialisée des tumeurs du pancréas est nécessaire pour classer la tumeur et en réaliser le traitement adapté. Approximativement 85% des patients porteurs d’une tumeur du pancréas ont une tumeur agressive (l’adénocarcinome) et 15% ont une tumeur moins agressive potentiellement curable.
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Les questions que vont se poser les praticiens spécialisés dans cette pathologie sont : où est localisée la tumeur, de quel type s’agit–il ?, la tumeur est-elle résécable chirurgicalement ?, quel type de chirurgie proposer? une approche coelioscopique est-elle possible ?